Madame,

20 novembre 2009.

Dehors il y a la pluie

Qui tombe sur le macadam

Dehors la pluie,

Se repend sur Panam.

Un drapeau bleu, blanc, rouge,

Qui ne veut plus rien dire,

Dans l’ambulance qui bouge

A chacun de ses soupirs.

Elle n’a que son corps

Pour sauver son esprit,

Qui n’a pour abord

Qu’une veine de vie.

Les sirènes de la mort,

La blancheur de la vie,

Encore un petit effort,

Encore un petit cri.

Une porte qui s’ouvre,

Un ascenseur qui monte,

Un homme qui la découvre

Un autre qui la compte

Derrière le brancard

Suivent tuyaux et machines.

Poussés par l’espoir

Que nos cœurs devinent.

Au milieu de la nuit

Les odeurs se mêlent,

Sang, sueur et pourri,

Nous écrasent, nous emmêlent

Quelques marches à courir,

Trois ampoules à cueillir,

Une seconde à ouvrir

L’espace d’un avenir.

Un moment d’interdit,

Une minute perdue,

On écoute et l’on dit

Que « rien n’est foutu ! »

Alors se battent contre la mort,

Nos bras et puis nos doigts,

On se bat encore et encore,

Pour qu’elle soit.

Le silence obscurcit

La peur de la nuit.

De ses yeux gris,

Je croie voir la vie.

Je me sens un sourire,

Je me sens un espoir,

Mais la ligne se tire

Tout au long du miroir.

C’est maintenant ou jamais.

Il n’ya pas d’arbitre.

Demain je l’aimerai,

Elle fera le pitre.

Mais pantin désarticulé

Elle est là et nulle ne part.

/G) Et nous tous, acculés

/F#) À notre désespoir.

Il y a sa famille,

Il y a son enfant.

Mais plus cette fille

Et ses vingt trois ans.

Dehors il ya la pluie,

Qui tombe sur le macadam

Il n’y a que la pluie

 

Pour appeler Madame, madame, madame.